fév 26

C’est l’histoire d’une ligne téléphonique comme un  cordon pour ne pas rester seul tout en restant anonyme. C’est l’histoire d’une belle idée outil d’aide au nom évocateur. Cette histoire n’est pas drôle. C’est celle des cadres en difficulté qui continuent à faire comme s’ils maîtrisaient la situation, des salariés débordés et en échec qui craquent, des silences épais comme des chapes de plomb, des sourires entendus et tendus. C’est le constat de l’isolement, toujours.

Bien que les situations soient diverses d’une organisation à l’autre, je constate régulièrement que le premier acte proposé ou posé lorsque l’on parle de souffrance au travail est la HOT LINE ou le NUMERO VERT. Prononcez ces mots magiques et un immense soupir s’exhale des poitrines : une solution est trouvée. EUREKA !Il y  a une grande satisfaction à penser à ce moyen moderne (car virtuel), peu onéreux et généreux qu’est la Hot Line. Cette demoiselle attire les DRH et les dirigeants comme la lumière les papillons. Probablement parce qu’elle ne coûte pas trop cher, qu’elle ne remet pas en question l’organisation, n’exige aucun travail  chez les managers,  permet à l’entreprise de montrer qu’elle agit… et puis « ça ne peut pas faire de mal ! ».  Oui, reconnaissons que Miss Hot Line  a beaucoup d’arguments pour elle !

Sauf que le plus souvent elle n’est guère sollicitée.

Sauf que quand elle est sollicitée, son action s’arrête, par définition, au niveau individuel.

Le plus souvent elle se tient là, belle plante et penche la tête en souriant. On dira qu’on a fait ce qu’il fallait et que visiblement (?)  le problème n’était pas si important puisque personne ne fait appel à elle.

Dans notre monde »sens dessus-dessous » il est difficile de résister à une réponse toute faite, à une solution toute prête. Peut-être est-ce un zeste de la pensée magique de l’enfant qui brûle en nous. Or, nous avons un effort à faire :

- celui de nous dégager de ce besoin de trouver la solution avant de poser le problème,

- celui de ne pas confondre notre besoin d’avoir réussi et réglé le problème avec celui de se coltiner le problème en question,

- celui de gérer notre peur ?

- celui de réfléchir avec les autres ?…

Essayons d’être honnêtes et la situation n’en sera que plus claire et la réflexion plus riche sur ce sujet.

Donnez-vous la chance de  considérer la question du bien-être au travail et de l’efficacité sous un angle subtile et complexe. Car vous savez que pour ce qui concerne les hommes, c’est l’accompagnement, la relation, la confiance qui font progresser.

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