J’ai écrit récemment sur la gentillesse comme moyen d’être ensemble différemment. Et j’ai envie de préciser ce que j’entends par « gentillesse » car ce mot peut être compris de différentes façons. Trop gentille la personne qui n’ose relever une remarque de peur de faire mal. Trop gentille également celle qui rend service sans obtenir le moindre regard et sans se plaindre. La gentillesse renvoie souvent à cette acceptation résignée qui nous ôte notre combativité et musèle nos convictions. Mais la gentillesse n’est pas cette « empathie » qui nous fait confondre nos sentiments avec ceux des autres et nous laisse sidérés devant tant de souffrance anticipée. Et la gentillesse ne peut se contenter de notre bonne intention ou de notre bonne volonté, nécessaires mais pas suffisantes.
Car comment pourrait-on expliquer cette fréquence de violences anodines quotidiennes ? Nous sommes une foule sentimentale effectivement comme le chante Alain Souchon et à ce titre nous enchaînons les malentendus, les rivalités et les guerres intestines.
Considérons les choses autrement. Et justement, à propos de considérer, considérons les personnes comme différentes, distinctes totalement. Considérons les comme uniques et fantastiques. Considérons les comme capables d’autonomie, de décisions personnelles.
Alors nous ressentirons ce que l’altérité signifie et nous essaierons d’être à l’écoute, vraiment à l’écoute des autres. C’est un autre monde qui s’ouvre à nous auquel nous ne comprenons pas grand chose.
En considérant l’autre dans sa parole, dans sa souffrance, dans sa demande, nous le RECONNAISSONS et cette reconnaissance est ce qui nous permet d’adopter cette attitude qui aide l’autre, qui lui convient. En reconnaissant l’autre et en l’écoutant nous ne proposons plus les réponses stéréotypées qui ne parlent qu’à nous.
Ce changement de regard sur l’autre change notre relation à l’autre. Cette nouvelle relation à l’autre génère d’autres attitudes subtiles et constructives pour tous.
C’est cette gentillesse là, consciente et dotée de discernement,courageuse aussi, que j’appelle de mes voeux. C’est pour prendre conscience de cette puissance en nous et pour lutter contre nos pratiques dévalorisantes qu’ALBATRA travaille à vos côtés.