Il est typique pour les formateurs d’avoir des parcours professionnels atypiques ! Sans doute parce qu’on ne se « voit » pas formateur comme on s’imagine maitresse ou pompier ; sans doute aussi parce que ce métier est souvent le résultat d’un choix et d’une maturation. On ne vient pas à la formation à l’issue d’études initiales, sans réflexion préalable sur les enjeux de son métier. Ce métier exige un processus réflexif : ce peut être l’envie de faire passer son savoir-faire lorsqu’on a dans les mains un métier qu’on aime (boulanger, photographe, fleuriste ou manucure), celle d’apporter un point d’orgue à une carrière bien remplie en s’orientant vers la relève, celle encore de faire passer un/des message(s), des convictions qu’on porte sur une façon d’être ou d’agir… L’envie, la vocation, la conviction sont à l’origine du choix pour ce métier qui ne se donne pas mais se prend : les essais, les erreurs, les choix et les doutes, les prises de position et beaucoup d’intuition, le bon sens, agitent les formateurs au quotidien. C’est pourquoi, pour moi, ils sont si vivants, dans leur façon de se remettre en question et d’oser.
Mais la pratique de la formation ne laisse pas indemnes tous les formateurs et l’usure, la déception, la lassitude peuvent apparaitre, se développer et s’installer. Et le formateur doute, trop, il se sent profondément remis en cause, il se sent isolé ; il devient un formateur qui souffre. Or, un formateur en souffrance ne peut pas souffrir longtemps sous peine de ne plus être en capacité de faire face (on parle de face-à-face pédagogique et ceux qui n’ont jamais pratiqué ne peuvent se rendre compte de l’énergie nécessaire pour animer au quotidien).
Je pense prioritaire de donner aux formateurs des temps pour analyser leurs pratiques, confronter leurs façons de faire, échanger sur leurs réussites et leurs échecs sans risque. Cela doit faire partie de leur évolution et du professionnalisme de leur hiérarchie que de prendre soin de leur outil de travail : EUX-MEMES.
La DIMENSION DEVELOPPEMENT PERSONNEL est évidente dans la formation et c’est au travers d’un accompagnement (individuel et/ou collectif) qu’elle prend tout son sens pour aborder les points habituels qui concernent les formateurs en activité aujourd’hui :
. Acquérir de nouveaux outils pour entrer en relation et communiquer avec leurs groupes,
. Se donner les moyens d’organiser leurs savoirs et savoir-faire de façon claire et pédagogique,
. Actualiser et compléter leurs connaissances sur des sujets tels que la gestion de conflit, la construction de séquences de formation ou l’évaluation,
. S’entraîner à rénover leurs cours/leurs supports et amorcer ce travail parfois décourageant,
Voici autant de sujets sur lesquels les formateurs ont besoin d’être accompagnés et formés. Car c’est bien d’accompagnement qu’il s’agit, au cours duquel chaque formateur trouve ses propres réponses et prend ses décisions.
Les actions en intra et sur mesure que je propose alternent souvent temps de formation et temps d’analyse de pratique. Ces actions sont animées « en mode coaching » c’est-à-dire avec le souci permanent de faire en sorte que chaque formateur trouve ses propres solutions dans le cadre bienveillant et structurant de la culture du coaching. Je trouve particulièrement puissant pour les formateurs d’EXPERIMENTER ce que peut être une formation basée sur l’animation d’outils précis et ouverts pour découvrir des dimensions nouvelles à leur métier, gagner en force, en confort et en plaisir face au groupe.